La Foi dans le Bouddhisme

 

Je relate ici la définition et la vision du mot « foi » dans bouddhisme, celles-ci mettant en avant l’expérience personnelle et mettant en garde contre les différents fanatismes. C’est une description qui me parle et correspond en tout point à ma propre vision de la foi.
 
Dans le bouddhisme, la foi n’est ni un don de Dieu, il n’en connaît point, ni une révélation. Les textes parlent de confiance sereine et de science intérieure. Une confiance fondée sur une expérience spirituelle réussie, une confiance en les enseignements et en le Bouddha, qui sont indifférenciés : le Dharma (les enseignements) est le Bouddha, le Bouddha est le Dharma. Et cette confiance est sans cesse confortée par la validité de l’expérience. Et cette science intérieure qui est connaissance vécue permet, ultimement, d’éviter toute erreur et d’aller à la certitude.
Le bouddhisme n’exige aucune croyance inconditionnelle, aucune dévotion absolue, c’est pourquoi le Noble Sentier octuple ne débute pas par la foi mais par la vue correcte, qui n’est pas une simple compréhension théorique mais plutôt une constatation, une habileté à voir les choses telles qu’elles sont.

 


 

La foi n’a donc rien d’une croyance ni d’une adhésion à un système de croyances.
Le Bouddha a dit : Ne vous laissez pas guider par les discours, les traditions, ou les ouï-dire ; ne vous laissez pas guider par l’autorité des textes religieux, eux-mêmes objets de manipulations ; ne vous laissez pas guider par la seule logique ou dialectique, ni par la considération des apparences, ni par le plaisir de philosopher, ni par la vraisemblance ni par l’autorité des maîtres et des supérieurs. Apprenez par vous-mêmes à reconnaître ce qui est mauvais, faux et méchant et, l’ayant observé et approfondi, ayant compris qu’il génère négativité et souffrance, abandonnez-le. Apprenez par vous-mêmes à reconnaître ce qui est utile, méritoire bon et, l’ayant observé et approfondi, ayant compris qu’il génère bénéfice et félicité, acceptez-le et suivez-le.
Dans ce soutra, le Bouddha désigne cinq facteurs constituant la base d’une croyance : la foi aveugle, l’inclination, la tradition, la considération des apparences et la spéculation sur les opinions. Il explique que la véracité d’une chose ne peut être prouvée par l’un ou l’autre de ces cinq facteurs.

La bakhti, la vénération envers le maître, n’est pas non plus une foi aveugle, mais la reconnaissance envers celui qui nous offre ce qui est le plus précieux : le moyen de se libérer et d’aider tous les êtres à se libérer de la souffrance dont la cause première est l’ignorance. Cette vénération repose aussi sur l’expérience.
Le Bouddha a parlé de ce qu’il avait compris lui-même correctement par son expérience. Les Ecritures mentionnent « ayant compris par lui-même... par ses propres connaissances spécifiques », ou encore le Bouddha déclare : « Je sais... j’ai vu... j’ai compris, » ou « Se sont élevées en moi la vision, la connaissance, la sagesse, la science, la lumière... », autant de synonymes de compréhension vécue.
On peut aussi dire que les hommes de foi sont ceux qui ont mené loin l’expérience spirituelle, la compréhension vécue, c’est-à-dire les bodhisattvas, ou l’ont mené à terme : les bouddhas.