Les 4 Nobles Vérités

 


Les quatre nobles vérités sont les fondements cruciaux du bouddhisme à partir desquels le bouddha a atteint l'éveil et avec lesquels il a donné, à Bénarès, son premier sermon appelé la mise en mouvement de la roue du dharma. Ces quatre vérités sont qualifiées de nobles car elles expriment l'ensemble de la vérité universelle, et mènent à la libération complète et définitive les individus consentant à suivre les chemins justes indiqués par le bouddha.
 


 

La première noble vérité : Dukkha 
La première noble vérité est que l'existence conditionnée, l'existence que nous connaissons, est imbue de souffrances : la naissance est une souffrance, la vieillesse est une souffrance, la maladie est une souffrance, la mort est une souffrance, être uni à ce que l'on n'aime pas est une souffrance, être séparé de ce que l'on aime est une souffrance - et, finalement, les cinq agrégats d'attachement (à savoir la forme, la sensation, la perception, la volonté et la conscience) sont aussi des souffrances. Ce terme de souffrance est aussi traduit par l'insatisfaction, puisque ce qu'il désigne est bien au-delà de la douleur physique. Le mot pali « dukkha » (Duḥkha en sanskrit) est souvent traduit par « souffrance » ou « douleur », ce qui est incorrect. Il revêt bien des significations dans l'enseignement du Bouddha : celles d'insatisfaction, d'imperfection, d'impermanence, de conflit, et de non substantialité. Cette traduction « souffrance » vaut au bouddhisme la réputation d’être pessimiste, alors que le message du Bouddha est fondamentalement optimiste puisqu’il dit que l’on peut se libérer de cette insatisfaction ou souffrance. La souffrance revêt trois aspects : la souffrance physique et mentale ; la souffrance causée par le changement ; la souffrance causée par le conditionnement. La souffrance imprègne tous les niveaux d'existence, des plus inférieurs aux plus élevés, y compris ce que l'on tient habituellement pour des états agréables : « ce que l'homme ordinaire appelle bonheur, l'être éveillé l'appelle dukkha » (Samyutta Nikâya, 35, 136). 

La deuxième noble vérité : Samuday
La deuxième noble vérité décrit l'origine ou l'apparition du dukkha. Les souffrances existent parce qu'il y a des causes qui entraînent leur apparition. Donc il est tout à fait logique de connaître quelles sont ces causes. Cette vérité est définie comme suit dans de nombreux passages des textes originaux : « C'est cette « soif » qui produit la re-existence et le re-devenir, qui est liée à une avidité passionnée et qui trouve sans cesse une nouvelle jouissance tantôt ici, tantôt là, à savoir la soif des plaisirs des sens, la soif de l'existence et du devenir et la soif de la non-existence » En raison de la production conditionné, l'apparition de la soif dépend de la sensation, laquelle dépend elle-même du contact. Ainsi, la soif n'est pas la cause première de dukkha, mais elle constitue « la cause la plus palpable et la plus immédiate » La soif désigne l'attachement aux substances et aux impressions qui peuvent produire la re-existence et le re-devenir. Le Bouddha a livré l'analyse suivante à RatthapÄ�la : « Le monde manque et il désire avidement ; il est esclave de la « soif »». C'est la soif et l'ignorance qui engendrent les trois racines du mal : la convoitise, la haine et l'erreur ; tout acte (de la parole, du corps, ou de l'esprit), bon ou mauvais produit un fruit positif ou négatif pour son auteur. 

La troisième noble vérité : Nirodha 
La troisième noble vérité concerne la cessation ou l'« extinction » des souffrances. Ces souffrances sont réelles et elles ne cessent de nous tourmenter, nous sommes obligés de nous interroger sur les origines de ces souffrances. Une fois que les origines sont connues, on agit sur les causes pour les éradiquer, jusqu'à atteindre la « libération finale ». Selon le degré de cessation atteint, on obtient un des quatre stades de libération. Le bodhisattva, en revanche, retarde le plus possible la libération afin d'aider les êtres à se libérer. 

La quatrième noble vérité : Marga Sacca
La quatrième noble vérité est celle du chemin (marga) menant à la cessation des souffrances. Ce chemin est le « noble sentier octuple » : vision correcte, pensée correcte, parole correcte, action correcte, profession correcte, effort correct, attention correcte et contemplation correcte. Par la pratique simultanée des huit composantes du chemin (sans en omettre aucune), les bouddhistes pratiquants atteignent progressivement le « but » du chemin, le nirvana.