Le Zoroastrisme


Le zoroastrisme est une religion monothéiste dont Ahura Mazdâ est le dieu, seul responsable de la mise en ordre du chaos initial, le créateur du ciel et de la Terre. Le zoroastrisme est une réforme du mazdéisme, réforme prophétisée par Zarathoustra (ou Zoroastre). Cette réforme, fondée au cours du Ier millénaire av. J.-C. dans l'actuel Kurdistan iranien , est devenue la religion officielle des Iraniens sous la dynastie des Sassanides (224-651), jusqu'à ce que l'islam arrive, même si cette religion a réussi à se fondre dans le patrimoine culturel iranien.
 


 

Principes

Zoroastre n'a jamais prétendu être un prophète, il s'est contenté de donner des directions de recherche spirituelle. Les zoroastriens considèrent que leur dieu n'a pas besoin d'adoration, pas besoin d'intermédiaires, ne joue pas de l'ignorance des peuples.
Dans la doctrine de Zoroastre, chaque personne répond de ses actes en vertu de la nature de son « Fravahr », l'équivalent du karma hindouiste. La doctrine se résume en une maxime : Humata, Hukhta, Huvarshta ("Bonnes Pensées, Bonnes Paroles, Bonnes Actions").
Zoroastre a condamné les rites et les sacrifices traditionnels offerts aux dieux par les Perses, mais il a gardé la tradition du culte du feu.

Il s'était rendu compte que toute l'évolution du monde était basée sur « l'action » et « la réaction », donc la réponse à toute attitude charitable lui parut être la « bonne action ». Si en société, les gens s'adonnent à la bonté ils ne récolteront que la bonté et s'ils se livrent à la méchanceté, ils seront envahis par le mal.

Selon Zoroastre, la « bonté » est une lumière qui vient du fond de soi, et elle est inhérente à l'homme. Il y a en tout homme deux tendances : l'une qui le porte au bien, l'autre qui le porte au mal. Ce que propose Zoroastre, c'est de toujours choisir le côté du bien, et cela se fait par une constante dialectique. Mais c'est l'homme qui choisit ; il n'y a pas d'obligation et celui qui remplit sa responsabilité pleine et entière envers les autres est un Saoshyant.

Zoroastre a nommé son dieu Ahura Mazda, force créatrice du monde et des quatre éléments, l'eau, la terre, le feu et l'air, éléments que les zoroastriens vénèrent et respectent au plus haut point puisque venant du dieu. Il a aussi créé l'homme en lui donnant son libre arbitre afin qu'il puisse toujours choisir ce qu'il a à faire entre le bien et le mal. Tout homme est l'ouvrier du dieu pour transfigurer le monde.

Les zoroastriens admettent une vie après la mort et un jugement des âmes; chaque être humain étant jugé selon ses mérites. Le fravahr est un des symboles de la doctrine de Zoroastre : c'est l'esprit de l'homme pré-existant à sa naissance et qui perdurera après sa mort et il ne peut se substituer à ce Dieu. Si les bonnes actions l'emportent sur les mauvaises, l'âme va dans la Maison des Chants par un pont au-delà duquel l'attend le Seigneur de la Lumière. Dans le cas contraire, il s'agit d'un voyage jusqu'à la Maison du Druj. La Maison des Chants (le Paradis) est éternel, mais pas la Maison du Druj (l'Enfer) dont la durée est limitée. Ainsi, après le temps effectué dans la Maison du Druj (qui n'est pas précisé), tous les êtres "punis" vont au Paradis.

Un autre thème important du zoroastrisme est donc sa promesse d'une vie éternelle après la mort, où les âmes seront départagées lors de la traversée du « Pont de Chinvat », et finissent soit dans la Maison du Druj soit dans la Maison des Chants. La notion de résurrection existe, celle-ci surviendra à la fin des temps avec l'avènement du « Saoshyant » qui rétablira la justice par une régénération du monde. Les interprétations concernant le Saoshyant sont nombreuses, beaucoup de savants et de spécialistes du zoroastrisme suggèrent que n'importe quel homme ou femme, de qualité excellente, très bons, apportant un très grand bien à la Terre, peut être qualifié de Saoshyant, alors que d'autres, notamment des traditionalistes (par exemple Parsis), affirment que les Saoshyants sont choisis expressément par Ahura Mazda pour raviver son culte avant la Conversion finale. L'humanité se convertirait au Zoroastrisme par décret divin, interprétation principalement issue de la communauté parsi.

La profondeur intellectuelle de son système a exercé une grande influence sur les doctrines judéo-chrétiennes (influence mentionnée dans le Manuel de discipline trouvé parmi les « rouleaux de la mer Morte »). On retrouve des thèmes du zoroastrisme sous une forme semblable dans le judaïsme, le christianisme et l'islam.